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3 juil. 2026 à 19h02
Se frapper le visage pour avoir les pommettes saillantes et la mâchoire carrée : le « bone smashing » est LA nouvelle tendance en vogue sur les réseaux sociaux. Cette pratique consiste concrètement à se frapper le visage pour en améliorer les contours. Outre le témoignage d’un mal-être psychologique chez des jeunes hommes en construction, la Fédération française d’orthodontie alerte sur les risques physiques.
Maladies, prévention, bien-être, innovations médicales… Retrouvez chaque jour notre rendez-vous santé sur actu.fr.C’est quoi le « bone smashing » ?
Le « bone smashing » consiste à se frapper quotidiennement la mâchoire et les pommettes avec les poings ou des objets, comme un marteau. L’objectif est de remodeler les contours du visage pour le rendre plus masculin.
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La pratique est liée au « looksmaxxing » – une tendance popularisée sur TikTok au début des années 2020, poussant les jeunes hommes à améliorer leur apparence physique, portée par une esthétique viriliste (et, parfois, imprégnée d’une idéologie masculiniste). À l’image de Clavicular, influenceur masculiniste américain très controversé, récemment moqué sur les réseaux après avoir essuyé une série de râteaux auprès de Parisiennes.
« Des conséquences parfois irréversibles »
Dans un communiqué publié le 29 mai 2026, la Fédération française d’orthodontie (FFO) alerte sur cette pratique « présentée à tort comme une méthode d’embellissement naturelle et accessible » et qui « expose à des risques importants pour la santé bucco-dentaire et faciale, avec des conséquences parfois irréversibles ».
Concrètement, voici les risques auxquels s’exposent ces adolescents et jeunes adultes :
Les fractures et traumatismes osseux
Des chocs répétés sur la mâchoire et les pommettes peuvent entraîner des fractures, des fissures osseuses ou des microtraumatismes susceptibles d’entraîner des séquelles.
Alors que les personnes qui pratiquent cette méthode pensent que les micro-fractures vont permettre aux os de repousser de manière plus solide, la fracture osseuse risque davantage d’avoir l’effet inverse, car les os pourraient se ressouder de manière asymétrique.
Fédération française d’orthodontie
Des troubles de l’occlusion et des déplacements dentaires
La répétition des chocs peut déplacer les dents et altérer l’alignement de la mâchoire. Conséquence : le défaut d’occlusion ainsi créé peut perturber la mastication mais aussi la respiration ou encore l’élocution.
Des douleurs articulaires ou musculaires
Ces traumatismes répétés peuvent engendrer des douleurs articulaires, des craquements, des blocages, des tensions musculaires, des difficultés à ouvrir ou fermer la bouche.
Une atteinte nerveuse et des troubles fonctionnels
Les coups peuvent aussi endommager les nerfs de la face et générer des douleurs ou une altération de la sensibilité du visage.
Un risque pour la santé mentale
Ces conséquences sont d’autant plus que l’ensemble de ces pratiques ne s’appuie sur aucun fondement scientifique et peut soulever un trouble d’ordre psychologique.
« Il ne s’agit pas de stigmatiser les personnes influencées par ces contenus, mais de rappeler avec responsabilité que ces pratiques peuvent mettre gravement en danger la santé bucco-dentaire, articulaire et psychologique des patients », souligne le Dr David Couchat, spécialiste qualifié en orthodontie et président de la Commission de communication de la FFO.
Dans un article publié sur le site The Conversation le 22 mai 2026, Jordyn Tovey, travailleuse sociale clinicienne pour le service de psychiatrie du Michigan Medicine, souligne les risques pour la santé mentale des adeptes du « looksmaxxing » : « les comportements associés au looksmaxxing ressemblent fortement à des symptômes de troubles alimentaires et de dysmorphie corporelle, également appelée trouble dysmorphique corporel ».
Ces troubles sont particulièrement nocifs pour les jeunes qui sont en pleine construction identitaire, qui cherchent à comprendre qui ils sont, ce qu’ils veulent et comment gérer leurs relations – des défis déjà compliqués par les pressions des réseaux sociaux . […] La pratique commence souvent par une fixation intense sur des défauts physiques perçus et encourage à faire de l’apparence la priorité absolue ».
Jordyn Tovey
Travailleuse sociale clinicienne pour le service de psychiatrie du Michigan Medicine « Des conséquences à vie »
« Bone smashing », entraînement intensif, coupe-faim… Ces comportements méritent plus largement une attention particulière.
Car, « lorsqu’ils ne sont pas traités, la dysmorphie corporelle et les troubles alimentaires peuvent avoir des conséquences à vie« , prévient Jordyn Tovey.
Le dépistage précoce et l’intervention rapide sont essentiels, car ces troubles augmentent considérablement les risques de problèmes physiques et psychologiques, notamment des maladies cardiaques, des altérations durables de la peau, des complications gastro-intestinales, la dépression et le suicide.
Jordyn Tovey
Travailleuse sociale clinicienne pour le service de psychiatrie du Michigan Medicine
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